Note dDSC_1199e l’éditeur : cette note, ironie du sort, est tombée dans une faille spatio-temporelle.

     Bien   que postée aujourd’hui elle se réfère en effet à des éléments datant de plus d’un mois.

 

 

 

Point besoin de DeLorean. Une Nissan de location suffira. Pas de réacteur nucléaire ni de coup de foudre : à la place, une essence servie par gallons. Utah, village de Shonto. Lake Powell, Arizona. Entre les deux États coupés au cordeau, la frontière est également temporelle : lorsqu’il est 16h en Utah, il est 15h en Arizona (qui, tout le monde le sait, est un État d’Amérique dans lequel Harry zona).

Willy nous attend, ma covoyageuse et moi, entre 17h et 18h à Bridgewater, aux environs du lac, et il nous met en garde contre le changement d’heure.

DSC08418

 

Arrivées sur les rives d’un lac Powell frisquet, nous remettons les pendules à l’heure. Le sable s’écoule sous nos pieds pendant que nous traversons le canyon de l’Antilope. 17h, nous sommes presque en avance à Bridgewater. Willy est néanmoins sur le point de partir car il est pour lui 18h.. A quelques miles de distance, en remontant vers le nord, nous sommes repassées en Utah sans le savoir, perdant une heure à l’insu de notre plein gré.

DSC_0477_029

Les allers-retours quotidiens qui suivront nous font voyager constamment à travers le temps, dans une 4e dimension que nous peinons à maîtriser, et sans physique quantique ni capsule spatiale ! Bien qu’il faille souligner les pouvoirs paranormaux de la Nissan grise qui nous sert de vaisseau : dès qu’une phrase pleine de sens et de solennité y est prononcée, le contraire se produit. « La piste est enfin plus facile ». Aussitôt les nids de poule la repeuplent. « Mince, il n’y a plus de station essence dans ce coin ». Les pompes pointent alors le bout de leurs tuyaux. Notons toutefois que le « il n’y a jamais de valises de billets de banque sur la route » n’a pas donné de résultat.

 

La Californie n’a pas bougé, mais là aussi le temps fait des siennes.  À 10h un mardi sur la plage ensoleillée de Venice Beach, à 17h sous une grêle sans fin vers Sacramento, le lendemain matin sous la neige persistante du Lake Tahoe, où la musique de crooner sortant des hauts parleurs du café n’arrive pas à faire fondre la neige accumulée sur les branches des sapins (qui me donnent envie de fredonner jingle bells, mais je me retiens).  

 IMG_1678

En quelques heures de vol depuis San Francisco jusqu’à new York je remonte finalement le cours du temps de quelques heures pour me rapprocher dangereusement du retour à la réalité laborieuse. Mais celui-ci attendra encore quelques jours et un nouveau saut. D’ici là, après les paysages éblouissants et atemporels de la côte Ouest, l’Est m’attend, avec son histoire courte vantée par chacune des grandes villes que je traverse…

 

Ps : une référence musicale s’est cachée dans ce texte, la retrouveras-tu, fidèle lecteur ?