L.A. n’était pas au programme. Mais l’annulation de dernière minute de l’expédition dans la Vallée de la Mort m’aura finalement amenée dans la Cité des Anges.

Le manque d’enthousiasme s’estompe cependant rapidement à mesure que le bus pénètre dans la métropole californienne.

La fillde la campagne que je suis n’est pas un mulot des champs  mais plutôt, sans aucun doute, un rat des villes. Ou plutôt : une petite souricette des villes (c’est plus mignon).

Certains diront que les grandes villes sont stressantes, mais lorsqu’il s’agit de les découvrir, la tension qui s’installe en vous est électrisante, avant le saut dans l’inconnu. Ne pas louper l’arrêt de bus. Et si on le loupe, revenir à pied jusqu’au bon endroit.

Naviguer entre les habitués du trottoir, mais sans boussole. Lever les yeux plutôt que de les laisser fixés sur ses pieds. Écouter les klaxons, les sirènes, les cris, les chuchotements,  en laissant l’ipod noyé au fond d’un sac à dos d’où il ne sort que rarement.

Tendre une oreille indiscrète pour discerner les conversations autochtones dans le brouhaha ronronnant du quotidien urbain.

Jouer à celui qui sait, après quelques heures. Se diriger fièrement vers la bonne ligne de métro pour rentrer… avant de se tromper encore une fois et revenir sur ses pas.

Regarder défiler les rues sur l’écran des vitres de l’autobus. Lire les gros titres des journaux locaux, lire les publicités géantes, lire les consignes de sécurité du métro, lire les prospectus distribués dans la rue, lire les petits caractères au dos du billet, lire les prix et noms des produits au supermarché.

Tout est neuf, ou presque.

L’excitation de la découverte ne fait pas disparaître la grande ville, quelle qu’elle soit. Les citadins courent vers leur travail, se ruent vers leurs maisons. Les autos se bousculent bruyamment, les piétons s’impatientent au feu, les vendeurs sont plus ou moins honnêtes, les mendiants et leur misère nous regardent en face alors que vous détournez le regard.

L.A., surveillée par ses collines et rafraichies par l’océan, étendant ses tentacules sur plus de 1.200 km2, malgré ses palmiers, n’échappe pas à la règle.

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