Alors que les sentiers du parc d’Arches sont larges et policés, pour permettre aux familles en vadrouille d’arpenter les lieux, Canyonlands est plus rude.

La loi de Murphy ne s’applique pas au circuit du même nom, qui m’amène à démontrer mon légendaire sens de l’équilibre et mon agilité digne d’un bouquetin dans la fleur de l’âge.

Le vertige n’a pas sa place, trop concentrée qu’est la randonneuse (oui, je parle de moi à la 3e personne si je veux, na !) à poser le pied sur le bon rocher. Les marches taillées dans la roche font en effet bientôt place à des amoncellements de toutes sortes. Et lorsque le pas se fait plus habile, c’est le regard qui doit s’escrimer à retrouver, caché dans ce paysage primitif, le petit amoncellement de cailloux né d’une main humaine pour indiquer le chemin à suivre – le Petit Poucet n’a qu’à bien se tenir !

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La remontée est plus ardue : le chamois des plaines que je suis n’est pas habitué à l’altitude. Je vous vois venir avec vos gros sabots : « de toutes façons elle n’est pas habituée à la rando et pis c’est tout ! » - ni l’un ni l’autre, effectivement, ce qui multiplie par deux la difficulté de cette remontée non mécanique !

En ayant une pensée émue pour Marie, qui connut les mêmes affres sur les flancs d’un volcan guatémaltèque, et pour Charlotte qui m’a vue dans un état similaire il y a à peu près un an, je gravis donc à grand peine, après déjà plus de trois heures de marche, le Canyon Murphy. Les jambes gémissent, les muscles crissent, et surtout, l’air joue à cache à cache avec mes alvéoles, qui cherchent désespérément l’oxygène à plus de 1.000 mètres d’altitude.

Un chercheur généticien, s’il m’avait croisée durant cette heure et demie d’ascension avec mon visage rougeaud et mon souffle court, aurait pu vouloir m’intégrer illico à son panel de cobayes pour que je participe à la lutte contre la mucoviscidose.

Après avoir plusieurs fois pensé que j’allais laisser (en réalité je pensais que j’allais cracher, mais c’est moins glamour) je reprends : après avoir pensé plusieurs fois que j’allais laisser un poumon dans l’Utah, je me suis promis une chose : ne jamais commencer à fumer !

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