La rue piétonne de Denver a triste mine. Au milieu d’immeubles qui, sans être des gratte-ciel, cherchent à chatouiller les nuages avec un manque flagrant d’élégance et de classe. Des commerces, bars, restaurants, pas mal de mendiants et de nombreux passants. Qui ne font que passer.

Il faut attendre le soir et le Mercury Café pour enfin toucher du bout des doigts le Denver digne d’intérêt. Slameurs et poètes du dimanche se succèdent sur l’estrade du Mercury, pour deux ou trois créations chacun. Si certaines femmes entre deux âges et leurs lamentations rimées répondent aux attentes dune veillée poétique aux tendances suicidaires (tendances confirmées par l’adolescente qui annonce sa prochaine récitation au titre « I’m finished »), des textes réveillent tout de même le public.

Soixante-dix et quelques années au compteur, Lenny, pilier du lieu (peut-être pilier de comptoir ?), s’écarte du pupitre pour mieux inciter les badauds à faire bouger le micro – et, accessoirement, leurs vies.

 

Rock the mic’!

Rock the mic’!

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