Zéro + zéro = la tête à toto.

Si cette addition qui constitue la base du calcul de niveau école primaire est gravée dans les esprits de manière indélébile, il en va autrement des multiplications, fractions et autres additions de nombres à virgule.

Or le voyage s’accompagne malheureusement bien souvent d’une douloureuse prise de conscience : le calcul mental, ça fait mal.

Les comptes d’apothicaire qui caractérisent les vacances à plusieurs, pour diviser les frais d’un ticket de supermarché ou d’une addition au restaurant, laissent place, lorsqu’on voyage seul(e) – et qui plus est avec un budget non extensible et/ou mal calculé - aux savantes additions, soustractions, multiplications et divisions inhérentes au séjour à l’étranger. Hors de l’euro point de salut, et estimer ses dépenses journalières relève de l’équation à multiples inconnues.

La première est bien évidemment le taux de change : surtout, ne jamais oublier que 10 euros valent environ 7 dollars canadiens, au risque de se faire des frayeurs, tout en essayant de ne pas tomber dans l’excès inverse (celui du "mon euro est fort, mon porte-monnaie aussi”, qui débouche alors sur « mon porte-monnaie est vide, le tien est bien rempli »).

La deuxième inconnue de cette équation vagabonde relève des coutumes locales, et plus précisément des impôts, taxes, pourboires et autres détails mineurs pour l’autochtone qui deviennent source d’inquiétude et de probable malentendu pour l’étranger. En France, tout est compris (peut-être car on a Free?). Nos esprits cartésiens (ou simplistes, c’est selon), n’ont donc qu’à additionner patiemment la somme des articles pour obtenir le total des dépenses.

Au-delà de nos frontières, l’aventure mathématique commence : au Guatemala par exemple, le service est rarement inclus dans les prix. 10% à rajouter mentalement aux tarifs affichés sur le menu, et à ne pas oublier de joindre aux quelques billets laissés sur la table à la fin du repas.

Au Canada, on atteint un degré de plus dans ces manipulations savantes: il faut non seulement penser au pourboire (en général 15%), mais aussi et surtout aux taxes  (probable équivalent de notre T.V.A), 15% aussi, et jamais ô grand jamais incluses sur les étiquettes affichées en rayon. Hardu.

Règle d’or : lorsqu’on a 5 dollars en poche, ne pas penser que l’on peut se permettre d’acheter un sandwich à 4,95$. Raté. Se contenter de la barre chocolatée à 2,50$.